Historique.

Le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD) est né de la volonté des membres du Groupe de Contact de l’Institut International pour la Démocratie et l’Assistance Electorale (IDEA) de capitaliser et d’institutionnaliser l’expérience du programme de développement démocratique mis en œuvre par IDEA au Burkina Faso.
International IDEA est une organisation intergouvernementale créée en 1995 par 14 Etats lors d’une conférence inaugurale à Stockholm, en Suède, où se trouve le siège de l’Institut. Le mandat et l’objectif principal de IDEA sont de contribuer à la consolidation de la démocratie et des processus de démocratisation dans le monde et, dans ce contexte, apporter son appui technique aux processus électoraux. Sa méthodologie repose sur un processus participatif et inclusif qui s’appuie sur le dialogue et la consultation pour faire intervenir tous les protagonistes à l’intérieur de chaque pays. Cette approche se fonde sur la conviction que seuls les acteurs nationaux peuvent consolider la démocratie « d’en bas et depuis l’intérieur » et que la pérennité des processus démocratiques se fonde sur l’appropriation de ceux-ci par les citoyens du pays. C’est dans ce cadre que IDEA a initié un programme d’appui au processus de démocratisation au Burkina Faso en 1996, sur requête des autorités et avec la participation active de toutes les tendances politiques et de la société civile, en vue de contribuer au renforcement de la démocratie institutionnelle et à l’approfondissement de la culture démocratique au Burkina Faso, dans un esprit inclusif, participatif et constructif, avec pour toile de fond le dialogue permanent entre les principaux acteurs nationaux.
A la suite du « Dialogue pour le développement démocratique au Burkina Faso » organisé par l’Institut du 16 au 19 juin 1997, un rapport sur la cadence du développement démocratique a été publié. Ce rapport intitulé « Rapport sur la Démocratie au Burkina Faso » suggère un certain nombre de pistes à explorer et suggère des priorités dans le domaine du développement démocratique, telles que démocratie et la réforme de l’Etat, démocratie et l’Etat de droit en particulier (a) la Constitution et les élections et (b) l’administration de la justice et démocratie et la culture démocratique, en particulier (a) la société civile et (b) le rôle de la femme.
Poursuivant toujours sa mission d’élargissement des espaces de dialogue et de concertation entre Burkinabè, IDEA, en collaboration avec la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles de l’Assemblée nationale du Burkina, a organisé un séminaire intitulé dialogue pour le développement démocratique fin juin 1999, qui a connu la participation d’une centaine de députés de la majorité et de l’opposition, qui ont débattu de thèmes tels que le rôle du parlement, le rôle des partis politiques, dans une perspective comparative grâce à la contribution d’experts africains et européens.

En novembre 1999, une délégation d’IDEA conduite par son Secrétaire général, M. Bengt Save-Soderbergh se rendait pour la première fois au Burkina Faso. Cette visite de la plus haute autorité de l’organisation internationale, outre qu’elle témoigne de l’importance qu’elle attache au programme sur le Burkina, a permis de lancer officiellement le rapport sur le système électoral, d’évaluer l’impact du programme et le rôle futur qu’IDEA pouvait jouer au Burkina.

Désireux de capitaliser les acquis de ce programme, le Groupe de contact d’IDEA au Burkina, à la faveur d’une réunion qui s’est tenue en février 2000, a reconnu la nécessité de mettre en place une structure nationale pour pérenniser l’action entreprise par IDEA au Burkina Faso. En fait, l’idée d’institutionnaliser les acquis de ce programme à travers la création d’un Centre était en germe depuis 1999, et devrait permettre de fédérer les initiatives éparses tendant à observer la cadence du processus démocratique au Burkina Faso. Déjà en 1997, IDEA dans son rapport sur la Démocratie au Burkina Faso soutenait l’idée de créer un Observatoire de la démocratie pour observer non pas seulement les élections, mais aussi le processus de développement démocratique.
Pour le Groupe de contact, la structure à mettre en place ne devrait pas seulement s’occuper d’expertise. Elle devrait aussi mener des actions de terrain en matière de démocratie. Elle ne devrait pas être fermée et passive (tel un observatoire). Elle serait constituée sous la forme d’une association (ONG nationale), rester dans l’approche développée par IDEA : réflexion, action, expertise, et jouer un rôle dans la supervision électorale, l’éducation des électeurs, la formation civique, notamment en formant des relais dans les provinces, etc. Le noyau de la structure devrait être constitué par le Groupe de Contact, mais devrait par la suite être élargi.
L’objectif général du Centre serait de concevoir et de mettre en œuvre des stratégies de promotion de la gouvernance démocratique au Burkina Faso et en Afrique, tout en constituant un leadership technique et intellectuel dans ce domaine. Il s’agit dans ce domaine, de créer des connaissances en la matière, de les diffuser, de les partager et d’aider à les mettre en œuvre dans les milieux politiques, administratifs, de la société civile et de la communauté des bailleurs, et d’influencer les dynamiques et processus politiques et institutionnels en vue de promouvoir la gouvernance démocratique.